Julien BOULIER - MUSIQUE


La légende du chant [Publié le 2003-11-16 15:45:20]



article proposé lors du stage "Musiques et Danses Bretagne 2003 2004" animé par Agnès Brosset, sur la pédagogie du chant et les notions élémentaires de la pédagogie de la voix

Notre appareil vocal fonctionne à l’image d’un instrument à vent. Comme la trompette ou la flà »te ou, pour citer ceux dont le son rappelle le plus la voix humaine, comme le hautbois ou la clarinette, il comprend en effet trois étages : une soufflerie (les poumons), un vibrateur (les cordes vocales) et un résonateur (le conduit vocal, composé du pharynx, de la bouche et du nez). Mais la voix humaine, qu’elle parle ou qu’elle chante, véhicule en outre un texte, restitué par l’appareil articulatoire - langue, lèvres, mâchoire, voile du palais. Tout cela met en jeu notre système nerveux et s’accomplit sous le contrôle de notre système auditif.

Aux commandes de notre cycle respiratoire, le diaphragme, ce grand muscle en forme de parapluie qui sépare les poumons des organes de la digestion. A l’inspiration, le cerveau lui envoie l’ordre de se contracter, donc de s’abaisser. La cage thoracique peut donc s’élargir sous l’effet conjoint de la descente du diaphragme et de l’écartement des côtes sur lesquelles celui-ci est inséré. La pression à l’intérieur des poumons devient alors inférieure à la pression atmosphérique. L’ appel d’air ainsi produit remplit les alvéoles pulmonaires. A l’expiration, au contraire, le diaphragme se relâche et remonte, et la cage thoracique se referme, chassant l’air par la trachée. Dans ces deux phases, le diaphragme se comporte comme un piston, provoquant tour à tour l’entrée puis la sortie de l’air indispensable à l’oxygénation de notre organisme. En haut de la trachée, l’air expiré rencontre nos cordes vocales : loin de ressembler aux cordes d’un violon, ce sont en réalité deux replis muqueux de la trachée, parallèles à cette dernière. D’une couleur blanc nacré, elles sont séparées par un espace que l’on appelle la : :glotte et incluses dans un étui cartilagineux, le larynx. Dans la production d’un son, ces cordes vocales remplissent le même rôle que les lèvres d’un instrumentiste à vent : si la glotte est fermée par l’accoIement des cordes, la forte pression de l’air expulsé par les poumons les sépare ; et la diminution de pression due à leur ouverture les ferme à nouveau (cette force qui désigne la diminution de pression due à l’écoulement d’un fluide a été découverte par Daniel Bernoulli, physicien suisse du xviiie siècle). L’alternance ouverture-fermeture débite l’air en bouffées. Le son naît de la mise en vibration de l’air expiré par I’accolement et la séparation des cordes. Selon la pression intrapulmonaire et la tension des cordes vocales commandée par les nombreux muscles laryngés, la fréquence de la vibration des cordes varie, et avec elle la hauteur du son : plus la fréquence est élevée, plus le son est aigu. Ce son est appelé son primaire, ou voix-source, ou voix laryngée : tel quel, il n’est guère plus audible pour notre oreille que ne le serait le son d’une chaîne hautefidélité privée de son amplificateur. Mais avant de parvenir à nos lèvres, il traverse le conduit vocal constitué du pharynx, de la bouche et du nez, d’o๠il sort amplifié et radicalement transformé. Comme le son que nous produisons en enfonçant la touche d’un piano, le son né de la vibration de nos cordes vocales est complexe : il se compose d’un son fondamental, qui donne la hauteur, et de nombreux sons harmoniques, plus aigus. Or le conduit vocal est un résonateur dont les cavités successives ont des fréquences de résonance particulières, que l’acousticien appelle formants. Chacune de ces cavités fîltre donc les harmoniques de la voix-source : elle en amplifîe et en réduit d’autres. C’est cette transformation de la voix laryngée qui permet de faire émerger les voyelles et les consonnes, que ce soit lorsque l’on parle ou que l’on chante. Nous pouvons en effet modifier à volonté la forme de notre conduit vocal : le rétrécir, l’allonger, le contracter, le dilater, en ouvrant ou en fermant la bouche, en bougeant la langue, en avançant ou en écartant les lèvres, en abaissant le voile du palais - cette membrane qui sépare les fosses nasales du fond de la bouche, et dont nous avons tous observé, les jours de maux de gorge ,l’extrémité arrière, la luette -, voire en faisant descendre ou remonter le larynx lui-même. L’ensemble de ces éléments mobiles constitue notre appareil articulatoire. Et nous verrons plus loin l’intérêt de certaines de ces manoeuvres dans le travail de la voix lyrique. à »

Extrait de à« La légende du chant de Dietrich Fischer-Dieskau, ouvrage écrit par Evelyne Koch d’après une série d’entretiens.



les trois étapes du système phonatoire


inspiration ; phonation ; position inspiratoire ; position expiratoire ; représentation par Bernouilli de la forme et de la position des cordes vocales en fonction du déphasage ; schéma du positionnement de la langue pour faire résonner les harmoniques en fonction des voyelles à chanter.




voix de poitrine, voix de tête


le larynx vu de dessus en position de respiration et en postion de phonation ; le larynx vu de dessus en mécanisme voix de "poitrine" et en position voix de "tête" ; l’aspect du larynx en coupe frontale ; schéma en vue latérale.




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