Julien BOULIER - MUSIQUE


Sujet 1 [Publié le 2004-10-25 18:31:21]



Dans les anciens temps, o๠la persuasion tenoit lieu de force publique, l’éloquence était nécessaire. A quoi serviroit-elle aujourd’hui que la force publique supplée à la persuasion ? L’on n’a besoin ni d’art ni de figure pour dire tel est mon plaisir. Quels discours restent donc à faire au peulple assemblé ? des sermons. Et qu’importe à ceux qui les font de persuader le peuple, puisque ce n’est pas lui qui nomme aux bénéfices ? Les langues populaires nous sont devenues aussi parfaitement inutiles que l’éloquance. Les sociétés ont pris leur dernière forme : on n’y change plus rien qu’avec du canon et des écus ; et comme on n’a plus rien à dire au peuple, sinon, donnez de l’argent, on le dit avec des placards au coin des rues, ou des soldats dans les maisons. Il ne faut assembler personne pour cela : au contraire, il faut tenir les sujets épars ; c’est la première maxime de la politique moderne.

Les termes employés par Rousseau pour évoquer les anciens temps s’appliquent à la société de l’ancien régime entre autres. Comment pourrait-on mettre en relation ce type de vision du rapport des langues au gouvernement, dans les différents paramètres ouverts ici par cette introduction, avec les répertoires proposés dans le cadre des rapports de la musique et du pouvoir du sacre de Charlemagne à la fin du règne de Louis XIV ?


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