Julien BOULIER - MUSIQUE


"Tout doit partir du blé" [Publié le 2005-11-09 17:00:47]



"Il s’agit de l’expérience tentée par une filière de production qui rassemble mille trois cents agriculteurs, vingt-neuf organismes stockeurs, douze meuniers, deux-cents artisans boulangers et cinq grandes surfaces. L’aventure débute en 1989, quand une coopérative du Sénonais, spécialisée dans les céréales destinées à l’alimentatation infantile, imagine une démarche visant à produire, selon des procédés plus respectueux de l’environnement, des blés de qualité et plus sains. La méthodologie est baptisée "culture raisonnée contrôlée", ou CRC.

Le concept est audacieux et encore isolé. A l’époque, le législateur ne parle pas encore de développement durable, et le consommateur n’a pas encore pris conscience des conséquences néfastes d’une agriculture productiviste, lancée à plein régime depuis le début de la décennie 1970. A l’opposé de ces pratiques, qui engendrent des risques pour la santé santé publique et l’environnement, un ensemble de règles à suivre, du champ au moulin, est défini. Les champs choisis sont nécessairement éloignés de toute source éventuelle de pollution. La sélection concerne aussi les semences : ne sont retenues que des variétés parfaitement ajustées aux terroirs et aux spécificités des marchés auxquels elles sont destinées. La manière de cultiver et de stocker les grains fait l’objet d’une règlementation particulière. L’usage de pesticides et d’engrais chimiques est limité. Dans les silos, les cellules de stockage sont soumises à une ventilation froide, qui abaisse la température des grains sous 12à° C. Ce refroidissement permet d’éviter la prolifération d’insectes et empêche la dégradation du blé en l’absence d’insecticides, strictement prohibés par la charte CRC.

Toutes les conditions posées sur la production des blés nécessitent une surveillance accrue de la part de l’agriculteur, et la récolte peut être, au final, inférieure à celle de l’agriculture "conventionnelle" ; mais ces inconvénients sont largement compensés par l’obtention, au sein d’un écosystème protégé, de blés de qualité, à la sécurité sanitaire certaine. Au cours des années 1990, le concept de culture raisonnée se répand progressivement ; il séduit, fait des adeptes. La rencontre entre la Coopérative agricole des producteurs de Sens et le groupement de meuniers indépendants de la Générale des farines de France servira d’accélérateur et donnera à cette démarche une ampleur définitive, reconnue sur le plan national. Les coopérateurs déposent leur cahier des charges à la Commission nationale des labels et des certifications, et obtiennent en 1999 la première certification de conformité de produit sur le blé tendre en France.

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