Julien BOULIER - MUSIQUE


notes idées CD : table ronde cned 2004 2005 [Publié le 2004-10-25 23:03:11]



Rappel de la période historique avec les repères de la fin du règne de Charlemagne à la fin du règne de Louis XIV.

Problèmes à prendre en compte lors de la dissertation :

- l’étendue de la période :

comment peut-on l’appréhender ? quelle cohérence voit on , quelles lignes peut-on tracer dans cette période historique qui s’avère relativement vaste ? Est-ce que par exemple on peut dire que cette période mène de manière théologique à la construction d’un idéal qui serait celui de l’absolutisme notemment français ?

Florence : "Cette amplitude chronologique permet d’inscrire la question dans le phénomène de ce que les historiens ont appelé la naissance de l’Etat moderne (appelé ainsi depuis les grandes enquêtes conduites sous l’égide du CNRS dans les années 80) , Etat moderne dont l’acte de naissance est tout à fait précis, puisque Philippe Genet nous dit "l’Etat moderne est né entre 1280 et 1320, et qu’il naît en particulier de la confiscation de la force par un Etat et qui effectivement est conduit ensuite à se développer au cours des XIVème, XVème et XVIème siècle.

La difficulté tient surtout au fait qu’en effet, lorsqu’on travaille, je pense en particulier, sur les XVème et XVIème siècles, on est souvent tenté de réfléchir en terme de résultat et le résultat, c’est en effet l’absolutisme de Louis XIV. On essaye maintenant de développer des points de vue un peu plus empiristes, à savoir d’essayer de considérer comment il y aurait une spécificité de chacune des périodes. C’est vrai que sur la Renaissance, ça a pu être fait, depuis les travaux très anciens mais toujours valables je crois et un outil toujours pour travailler, je pense aux travaux de Frédéric "Ochabo" sur "Y a-t-il un Etat de la Renaissance ?" , "est-ce qu’il y a vraiment une spécificité de l’Etat de la Renaissance ?" ; il avait en particulier travaillé sur le fait que c’est d’après eux "la naissance d’un corps de fonctionnaires qui faisait cette spécificité, et qui permet effectivement de mettre au jour une vrai originalité dans cet Etat qui naît, alors lui, il voit y naître dans la seconde moitié du XVème siècle, à Milan. La qustion ensuite se pose du règne de François premier dans la construction de cet absolutisme. La question se pose aussi tout simplement de la définition de cet absolutisme, définition qu’il afaut absolument distinguer de la tyrannie. L’absolutisme, et on le sait depuis les écrits théoriques de Claude Dessessay par exemple au début du règne de François premier, la Monarchie absolue, elle est réglée et en particulier elle a des freins qui font que le roi absolutiste est tout sauf un tyran et les trois freins que met en évidence Claude Dessessel, c’est la religion d’abord, la justice à savoir les cours souveraines et la police, donc ça ,ce sont des choses extrêmement importantes que les candidats doivent tenter de mettre en évidence. Ensuite je crois que l’idée de construire, d’identifier des ruptures, elle est là aussi fondamentale, voir à quel moment il se passe des choses. Il se passe quelque chose à la fin du XVème siècle. Possiblement aussi se passe quelque chose au cours du XIIème XIIIème siècle. Donc là ce serait à articuler disons sur la longue durée."

Florence, tu viens d’évoquer les freins développés par Claude Des Eyssel pour sa définition de la monarchie absolue, tu parles de la religion, alors en effet, dans les ouvrages littéraires qui sont associés à la question de concours et je pense en particulier au livre du courtisan, au Prince de Machiavel, et puis au discours sur la solitude , discours sur la servitude volontaire de La Boétie, est-ce qu’on peut considérer que les conseils qui sont donnés, qu’on voit là , proposés, suggérés, associés à une bonne pratique de gouvernement du roi, est-ce qu’on peut penser que ces conseils sont donc nouveaux et donc essentiellement au XVIème siècle centrés sur la contention finalement du roi par le seul souverain auquel lui est censé se soumettre ; est-ce que c’est un maillon essentiel ? La première des choses n’est-elle pas en effet le fait que le souverain porte un devoir qui est celui de montrer visiblement sa propre soumission à l’ordre divin ? Est-ce que c’est pas la formulation d’un de ces nouveaux discours ?

Florence : "Nouveau , ça ne l’est certainement pas, ce qui est très intéressant, en particulier dans le texte de Claude Des Essay , c’est un texte canonique disons pour nos étudiants en DEUG pour comprendre justement cette monarchie absolue, c’est que le roi doit être dévot, ou au moins faire comme s’il l’était.C’est cela qui importe et c’est effectivement un des moyens d’assurer sa légitimité et de faire en sorte qu’il soit effectivement un roi accepté. Ca va avoir évidemment ensuite des implications très concrètes en particulier dans la seconde moitié du XVIème siècle en France. C’est probablement pas nouveau mais c’est vrai qu’on voit que dans toute la première moitié du XVIème siècle, tout s’articule autour de cette question là  et s’est formalisé sans doute d’une façon assez claire.

Oui parce que finalement la fondation d’"institutions musicales" qui répondent en particulier à la nécessité de dévotion publique du roi ou privée du roi, David, on peut l’adapter finanelemnt ,elle est continue certes mais elle prend toute son importance à la fin du XVème siècle.

David : "Musicalement, elle prend toute son importance à la fin du XVème siècle, mais justement, symboliquement, antérieurement, elles sont justement fondamentales ces institutions."

Est-ce que tu peux rappeler en quelques mots un historique bref ?

David : "Oui, ce sont des choses qui figurent également dans les différents cours mais une chose qui permet de se replacer dans la très longue période là pour le coup puisqu’on a tout de suite centré le débat sur la très longue période, finalement, on est un peu dans un livre scolaire, qui tirerait l’histoire de la musique de Charlemagne à Louis XIV avec toujours finalement des grandes figures comme ça, donc, un des éléments qui permettrait de se raccrocher comme à cette longue période, ce serait l’histoire par exemple du mot "capella" avec son origine carolingienne, dont on peut suivre l’évolution sur toute la période. Alors oui ensuite effectivement l’apparition de la manifestation symbolique de l’art religieux du prince, c’est la chapelle, qui devient un élément de la cour alors justement de ce corps de fonctionnaire, enfin entre les deux, entre un corps religieux et un corps de fonctionnaire puisque tout ça est concommitent et donc la chapelle "princière" apparaît sans doute au XIIIème siècle en Angleterre sans doute et puis c’est vrai qu’elle se constitue de manière très organisée, très institutionnalisée, certainement à la fin du XIVème siècle, avec la chapelle du 1er dux de Bourgogne, il y a là également dans toute cette histoire aussi l’importance de la chapelle pontificale qui faut rappeler, de sa séparation au moment du départ des papes pour Avignon, d’avec la Schola cantorum, enfin tous ces éléments ont eu une importance, mais c’est vrai que c’est à la fin de XVème siècle qu’il y a un tournant dans la composition de la chapelle princière qui devient une chapelle plus musicale mais à vrai dire son rôle symbolique lui-même reste pour le coup relativement continu en tant que manifestation de la piété du prince. En fait, c’est une constante de notre sujet, de Charlemagne à Louis XIV, le prince est pieux et doit l’être, enfin c’est formulé différemment, plus ou moins inconsciemment, et puis il y a des étapes là -dedans, enfin l’affrontement entre Philippe Le Bel et le pape, des choses comme ça qui sont quand même fondamentales. Justement alors la question de la soumission entre les Etats et l’Etat pontifical, toute les questions de la théocratie pontificale sont aussi des éléments de rupture importants dans toute cette histoire pour le coup. Mais sur la question de la religion, c’est un élément continu de cette société médiévale et moderne que le lien entre l’église et l’Etat.

Alors justement est-ce qu’on peut dresser des parallèles entre la façon de se structurer de l’Eglise, on va dire de l’époque carolingienne à la Contre-Réforme, et les chemins qu’emprunte entre guillement "la société civile",


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