Véronique Joyaux , Haies vives, Lecture en cours… Editions « Le dé bleu » « L’idée bleue » [Publié le 2013-09-28 22:17:21]

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 Véronique Joyaux

 

Haies vives 

 

Lecture en cours…

 

Editions « Le dé bleu » « L’idée bleue »

 

« Ecrire, c’est creuser dans du noir »,

ces vers de Guillevic, Véronique Joyaux aurait pu les mettre en exergue à ses « Haies vives », car elle creuse sans arrêt dans la matière brute de la vie. Il lui faut « tenter de dire ce qui est essentiel » avec les mots de tous les jours. Il s’agit pour elle de sentir plus loin et plus profond notre domaine terrestre et de le sublimer. C’est ainsi qu’elle trouve les mots et les assemblages de mots qui correspondent à cette chose secrète, ombreuse qu’elle porte en elle. Elle parle pour « sauver les mots ». Les choses de la vie, le pain, les arbres, le fleuve, en sont transfigurés et on s’attachera en particulier à ces évocations de sa maison,

« La maison est ce feu allumé dans le méandre du fleuve… La maison est ce vaste nous-mêmes devant nous étalé une bulle d’air dans la pierre »…

Une maison onirique tout à fait bachelardienne. »

 

Odile Caradec

 

Véronique Joyaux est née en 1953, à Nantes. Elle est enseignante à Poitiers et auteur de poèmes et nouvelles. Elle s’adonne également à des compositions textiles (broderies calligraphiques). Elle aime/souhaite travailler avec des plasticiens et des photographes.

Véronique Joyaux, dans « Haies vives », extrait de « poèmes pour un tissage »

Editions « le dé bleu » « l’idée bleue »

 

« Et je marcherai encore

Jusqu’au bout de moi-même

Portant cette parole comme un souffle

J’ouvrirai les portes de la mer et les pages du vent

Familière des confins.

 

Ample sommeil de ma ville la nuit

J’écoute la pluie interminable

Je rôde par les rues j’efface mon ombre

Les allées avancent sous les arbres

Et comptent les heures

Je suis seule éparpillée dans moi-même

Je viens de l’oubli et retourne au silence.

 

Un cri d’oiseau épelle ton nom

Toi l’homme à la pudeur profonde

Tu te tiens à l’abri

Tu n’écris pas avec l’encre du ciel

Tu ne marches pas à découvert

Et pourtant je viens vers toi

La peau lisse le geste offert

Avec ma soif infinie.

 

Souvent je me parle à voix basse

Immobile dans l’insomnie

J’emporte les heures en mon sillage

Le limon fertile de la nuit

Je suis sans nouvelles de toi.

Vivre l’instant jusqu’au bord

Dans la déchirure ou l’éblouissement

Vivre un jour de haute cime

Toucher au plus près le feu

Je veux l’intense je veux l’extrême

Je veux aussi la douceur.

 

Sous l’arche des frênes

Le murmure des voix

Des rides de lumière

Le tremblement des ombres

Un espace où se répandre

L’horizon noyé de ciel

Et l’étreinte glacée du vide.

 

Adret du corps aux pentes douces

Vaste poitrine où se poser

Jambes longues où s’égarer

Plaine d’avant le jour

Je donne forme à ton sommeil »

 

Véronique Joyaux, dans « Haies vives », extrait de « poèmes pour un tissage »

 

Editions « le dé bleu » « l’idée bleue »


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